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Bulletin dimanche 25 février

Sacrifice….

« C’est le carême, tu dois faire des sacrifices. » me disait ma grand-mère tout en préparant le goûter que j’emmenais avec moi à l’école… Il fallait se priver de quelque chose pour faire plaisir à Dieu. Paradoxalement, son désir de me faire plaisir était si évident que le message était un peu brouillé…

Pour Abraham, l’épreuve est grande. Dieu lui demande de sacrifier son fils, son unique, celui qu’il a eut tant de mal à avoir avec Sarah son épouse. En quoi le fait de le sacrifier pourrait-il faire plaisir à Dieu ?

La tradition de sacrifier le premier né existait dans les peuples anciens. La loi le dit avec force : « Celui qui livre son fils à Moloch sera retranché du peuple » (Lv 20,4).
Il s’agit d’éradiquer une pratique barbare de la vie du peuple… Et le bélier qui remplace Isaac rappelle le prix du sang. Dans la tradition juive, cet épisode est appelé la ligature d’Isaac. Abraham ne croit pas que Dieu veuille la mort de son fils, Isaac ne croit pas que son père veuille le tuer.

Dans ce récit, c’est comme si Dieu, pour libérer l’homme d’une image de Dieu perverse, l’assumait. En faisant cela, elle tombe d’elle-même et devient un fantasme, une création de l’esprit humain. Je vous invite à lire le très beau commentaire du bibliste Paul Beauchamp dont je me suis inspiré : 50 Portraits Bibliques – éditions du Seuil (pages 28-31).

C’est une invitation à se libérer de l’idée que Dieu puisse vouloir la mort de ses enfants. Cette tentation qui fait de Dieu un être pervers se manifeste à chaque génération. Ici ou là, certains commettent des meurtres au nom de Dieu. D’autres justifient toutes formes de violence en son nom. Le temps de l’épreuve, le temps du carême est une opportunité de nous libérer, comme Abraham, de nos fausses images de Dieu…

Pascal Boidin, Mariste