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Bulletin dimanche 21 janvier 2018

Le monde passe…

Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul affirme que c’est bientôt la fin des temps, le retour du Seigneur. Les premiers chrétiens pensaient que le retour du Christ en gloire était imminent et avec lui la fin du monde…. Ils ont appris, par l’expérience, à attendre.

Il y a une vraie sagesse à intégrer dans notre réflexion la « fin des temps ». Le jour de notre mort, notre temps sera fini. En y pensant, sans être obsédé ou terriblement anxieux à ce propos, nous mettons en place des priorités.

C’est ainsi que Jésus qualifie d’insensé le riche qui ne cesse de construire des greniers pour abriter sa récolte abondante. Sa richesse le rassure et pourtant il meure dans la nuit sans rien emporter de ce qu’il avait amassé (Luc 12,16-21).
En prenant en compte sa mort possible, il aurait fait d’autres choix et sa richesse aurait servi autrement.

Intégrer, avec délicatesse, notre mortalité, c’est se donner les moyens de vivre mieux et de prendre des décisions plus justes. Je pense au témoignage de Maïti Girtanner. Résistante pendant la deuxième guerre mondiale, elle fut arrêtée et envoyée dans un camp de représailles d’où elle n’aurait pas dû revenir. Elle avait institué une prière quotidienne dans sa cellule où elle parlait de la mort avec ses codétenus. Son bourreau, un médecin nazi, s’est souvenu de ces discussions 40 ans plus tard, alors que lui-même allait mourir. Il est allé la rencontrer et lui a demandé pardon. Quand elle lui a demandé pourquoi il était venu, il lui a répondu qu’il l’avait entendue parler de la mort en prison et que maintenant que la fin de sa vie était imminente, il voulait en discuter avec elle. Dans un de ses interviews, elle invitait les chrétiens à parler de la mort comme faisant partie de la vie.

Eh oui, la fin des temps est proche. Chaque fois qu’un être cher nous quitte, c’est la fin d’un temps de notre existence. Jésus-Christ nous ouvre la route.

Pascal Boidin, mariste